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May 06

Compte-rendu du 15ème festival du court métrage de Bruxelles

 

Après quinze jours de projections continues, le 15ème festival international du court-métrage de Bruxelles s’est achevé. En visionnant de nombreuses séances consacrées à cet art, qui a ses propres règles et ses propres codes, tel que son grand frère, le long-métrage. Parmi la sélection de la compétition internationale, mon attention était tournée vers un film bosniaque s’intitulant «Prtljag», réalisé par Danis Tanović. Ce court-métrage expose l’histoire d’un expatrié bosniaque, Amir, qui décide de retourner à Sarajevo afin de retrouver les restes de ses parents décédés. Il arrive dans un pays, fatigué par la guerre, où les tensions entre les communautés bosniaque et serbe sont toujours palpables. Dans sa recherche, il retrouve une vieille connaissance qui pourrait l’aider dans son enquête. Ce film, au final, reste très émouvant grâce à la performance très réaliste des acteurs. Quant à la photographie et la réalisation, elles ne sont pas en reste car solidement ancrées à mi-chemin entre un documentaire et une fiction. On regrette que le film se termine si rapidement, ce court-métrage aurait mérité une adaptation plus longue, puisque l’histoire et la réalisation ont été très bien soutenues durant tout le film. Le réalisateur belgo-bosniaque, Danis Tanović, n’est pas à sa première œuvre. Ce dernier a notamment réalisé le film « No man’s land », dont le sujet portait sur la guerre en Bosnie. Le film fût, à son époque, primé au festival de Cannes pour son scénario.

 

Dans la compétition nationale et internationale était présenté: « A New Old Story » d’Antoine Cuypers, qui est un court-métrage bien de chez nous, interprété par le chanteur Arno. L’histoire met en scène Johan, dans la cinquantaine, qui trouve par hasard Sylvia dans une cafétéria de la gare du Nord. Malheureusement, Sylvia, ne semble pas se souvenir de lui et en parallèle, durant leur conversation, Johan se remémore leur passé commun. Le film qui, par ailleurs, a reçu un prix lors du festival, est particulièrement bien réalisé, même si, à quelques reprises, nous ressentions un manque de budget. Le suspens reste bien gardé et l’histoire se dévoile au fur et à mesure que le dialogue s’installe entre les deux protagonistes. Le film nous surprend avec un scénario attachant et quelque peu surréaliste. On ne peut malheureusement pas en dévoiler plus, étant donné la nature et la durée du court-métrage. Le réalisateur belge, Antoine Cuypers en est à sa troisième réalisation.

 


Autre évènement du festival : les cabarets Kino. Mais qu’est-ce le concept du « Kino »? D’après wikipedia, Kino est un mouvement de cinéastes et de vidéastes organisés en cellules, dont la devise, que l’on doit à l’un de ses co-fondateurs Jéricho Jeudy est : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant. ». Ils ont comme défi de tourner, réaliser et monter un court-métrage en septante-deux heures durant la durée du festival. Une fois le film terminé, il sera projeté au grand public du festival lors de trois soirées.  Au total, 45 œuvres sont sortis du travail de ces passionnés du cinéma hors du commun. Le résultat est fort surprenant et varié, même si le travail est essentiellement fait par des étudiants en cinéma. D’autres participants de tout horizon ont eux aussi été remarquables, on passe du comique à l’horreur, sans oublier le suspens et le documentaire. Les réalisateurs sont pour la plupart des locaux, mais certains ont fait le déplacement depuis la France et même du Québec pour prendre part à cette manifestation. Certains de ces court-métrages sont même plus intéressants et aboutis que certains films qu’on a pu voir lors des sélections diverses au festival. J’invite les lecteurs (et auditeurs) à assister à une projection de « Kino » en allant sur le site officiel de la cellule locale : www.kinobelgique.org.